Contribution de Zineb Mrabet

Auteur : Zineb Mrabet

Date : 23 juillet 2017

 

Titre de la contribution :  C’est inadmissible d’accroitre les activités de la déchetterie 

 

Romainville a l’ambition de s’agrandir et redessine de nombreux quartiers, avec la création de nombreux logements, des écoles et de nouvelles infrastructures pour accueillir les nouveaux habitants. Parmi les quartiers visés par le projet d’urbanisation, il y a celui de l’horloge et celui des coudes cornettes qui sont à 500m de la déchetterie.

La chaufferie de l’option 3 que vous proposez, n’est autre qu’un incinérateur qui viendra polluer davantage l’air de la ville. Inhaler quotidiennement des particules et polluants rejetés par l’usine d’incinération est très dangereux et nous ne comprenons pas comment « Est Ensemble » et la ville de Romainville peuvent jouer avec la santé des citoyens.

Selon la COP21 :

L’incinération rejette chaque année l’équivalent des émissions de CO2 de 2,3 millions de voitures par an. Elle gaspille entre autres des ressources naturelles dont l’extraction et la transformation sont elles- mêmes émettrices de CO2. Le meilleur moyen de réduire ces émissions est la prévention.

Il y a des alternatives qui existent, comme :

–  La réduction des déchets (compostage individuel ou de proximité, collecte des textiles dans les bornes de recyclage, stop pub, vente en vrac, etc.)

–  La collecte sélective des biodéchets qui peut réduire d’un tiers notre poubelle ;

–  La relance du tri sélectif des recyclables (42% de notre poubelle en mélange est constituée de déchets pour lesquels il existe une filière de recyclage).Et pour créer de l’énergie, il y a d’autres solutions moins polluantes : exemple le solaire.

Etant une future habitante du quartier, je refuse catégoriquement ce projet et j’espère que les élus refuseront ce projet qui vient jouer avec la santé des habitants de la ville, de leur qualité de vie et des décisions prises lors de la COP21.

 

Réponse du Syctom

 

Bonjour Madame,

 

Le site actuel, que vous dénommez déchetterie, est en fait composé d’un centre de transfert des ordures ménagères, d’un centre de tri des collectes sélectives multimatériaux et d’une déchèterie.

 

L’accroissement des activités que vous mentionnez ne génèrera pas l’accueil de davantage de déchets par rapport à la situation que l’on connaît aujourd’hui. Il s’agit cependant de diversifier les activités conformément aux nouvelles orientations de la loi sur la transition énergétique pour la croissance verte d’août 2015.

 

Dans le cadre de la nouvelle installation, la déchèterie, c’est-à-dire un espace clos et gardienné où les usagers peuvent venir déposer des déchets (encombrants, déchets verts, gravats, …) dans l’objectif de les valoriser, est redimensionnée. Etant donné la densification urbaine et les nouveaux habitants attendus, l’implantation d’une déchèterie au plus proche des habitants permet notamment de leur en faciliter l’accès et réduire ainsi les émissions CO2 dues au transport.

 

Au-delà de la déchèterie, il est également prévu d’autres modules dans le projet, notamment le maintien de la réception des ordures ménagères résiduelles, qui fait l’objet de trois solutions techniques proposées dans le dossier de concertation. Ainsi, dans la solution technique n°3, il est prévu la création d’une chaufferie sur site. Pour cela, les ordures ménagères résiduelles auront été au préalable préparées sous forme de Combustible Solide de Récupération (CSR) pour être valorisées.

 

L’implantation d’une chaufferie CSR sur site permettrait de participer à la couverture des besoins énergétiques des territoires proches du centre en appoint d’autres énergies envisagées et disponibles localement (géothermie). Il s’agit donc de s’inscrire dans un processus d’économie circulaire et de valoriser localement des déchets produits par le territoire. En tous les cas, le Syctom n’étant pas compétent pour la distribution de chaleur, il appartiendra aux collectivités locales de s’organiser pour la construction du futur réseau.

 

Concernant les rejets, le Syctom maintient un haut niveau d’exigence technique pour minimiser les impacts et s’assurer de la mise en œuvre de solutions techniques éprouvées et efficientes. Ainsi, le Syctom sera très vigilant au suivi de la qualité de l’air et mettra en place les mesures de contrôle continu imposées par la réglementation au nom de la protection de la santé publique.

 

Par ailleurs, le dimensionnement des installations du futur projet prend en compte les alternatives que vous évoquez :

–  Le site est ainsi conçu pour réceptionner le flux de biodéchets qui sera collecté de manière séparative. Dans le cadre du projet, il est prévu de réceptionner 30 à 40 000 tonnes par an de biodéchets qui seront collectés par les collectivités en charge de la collecte : les établissements publics territoriaux de la Métropole du Grand Paris.

–  De plus, la capacité envisagée pour le nouveau centre de tri des collectes sélectives multimatériaux prend en compte une augmentation du geste de tri par les habitants. Ainsi, le futur centre pourra être amené à réceptionner jusqu’à 60 000 tonnes par an (pour 45 000 tonnes par an actuellement).

–  Concernant la prévention, il ne s’agit pas spécifiquement de la compétence du Syctom.

 

Toutefois, des actions de prévention et de sensibilisation des habitants, en lien étroit avec ses collectivités adhérentes sont menées par le Syctom (soutien financier, éco-animateurs, …) dans le cadre de son plan de soutien. Plus d’informations sur http://www.syctom-paris.fr/accompagnement-des- collectivites/soutien-aux-actions.html

 

Complément à la réponse adressée le 23 juillet 2017 

 

Vous mentionnez les décisions que les collectivités pourraient être amenées à prendre. Les élus, qui représentent les communes, l’Etablissement Public Territorial Est Ensemble et/ou le Syctom, sont impliqués dans le cadre du projet.

 

Ils ont eu l’occasion de se réunir à plusieurs reprises dans le cadre du Comité de suivi de la concertation préalable pour le projet de reconstruction du centre de Romainville / Bobigny, instance de gouvernance installée en avril 2017. Ce Comité de suivi est composé de membres représentatifs des élus et acteurs du territoire (élus, représentants de l’Etat, représentants des salariés et des exploitants du site, associations de riverains,…).

 

Les comptes rendus des réunion du comité de suivi sont en ligne sur le site internet du projet :

http://projet-romainville-bobigny.syctom.fr/dialogue-et-information/les-documents- dinformation/#1499355653478-0067b0cc-986d

 

Considérant les échanges réguliers lors des réunions du comité de suivi ou du comité syndical du Syctom et sur la base de l’ensemble des informations que les services du Syctom veillent à mettre à leur disposition, les élus auront à prendre une décision en fin d’année 2017 sur le programme de la future installation envisagée à Romainville / Bobigny.

 

Pour toutes questions liées à la gouvernance du Syctom, vous pouvez télécharger la fiche dédiée sur le site internet du projet : http://projet-romainville-bobigny.syctom.fr/wp- content/uploads/2017/05/Atelier1_Fiche_Technique_Fonctionnement_Gouvernance_Syctom.pdf

 

Télécharger la contribution et sa réponse

 

Contribution de Julien Bluteau
Contribution d'Emilie Roger
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